Le Corps de Garde, "d'Wacht"

Histoire du corps de garde

Le premier corps de garde de Plobsheim était installé dans la "Burgerstub", l'ancienne maison communale située place Lorentz (la place du monument aux morts). 

Quand en 1836 la commune acheta le château des Zorn (et ses dépendances) pour le transformer en Mairie-Ecole, le bâtiment annexe du château servit alors de corps de garde parce que celui de la "Burgerstub" était en mauvais état. 

Et c'est en 1869 que ce corps de garde fut construit et ce, pour la somme de 7400 francs. 
Par la même occasion, la cour de l'école fut fermée par une clôture car très souvent les vaches, les brebis, les porcs et les oies se mêlaient aux enfants.

 

Ce bâtiment était utilisé par la garde municipale à partir de 1870. 
Il faut savoir qu'avant, la sécurité du village était gérée par la Garde Nationale. En 1831, la Garde Nationale fut reconstituée à Plobsheim, quatre ans après avoir été dissoute. C'était
une milice populaire permanente chargée de la sécurité publique. Mais en 1870, les habitants ne voulant plus remplir ce rôle, le conseil municipla décida alors de créer une garde de police municipale composée de six hommes. 

Par la suite, le bâtiment fut utilisé comme logement pour le veilleur de nuit qui allumait les réverbères et effectuait des rondes dans les rues du village pour veiller au maintien de l'ordre. Plus tard encore, le veilleur de nuit fut remplacé par l'appariteur. 

La remise pour la pompe à incendie, « S'Spretzehüss », a été construite à côté du corps de garde en 1870. 

Frédéric Lehmann, dernier appariteur

Monsieur Frédéric Lehmann a été le dernier appariteur de Plobsheim, de 1950 à 1980. Il habitait avec sa famille dans le corps de garde. 

L'appariteur avait pour fonction d'annoncer les nouvelles de la commune, rue après rue, en faisant sonner une cloche et en commençant par l'expression « Es werd bekannt gemacht ».

Il dit un jour : « E fremder Hund laüft em Dorf herum un de Inamer kommt un wer ne zerscht seht sell ne henschleuje », c'est-à dire : « Un chien étranger se promène dans le village et le Receveur des Impôts arrive. Le premier qui le verra devra l'abattre.» L'histoire ne dit pas qui des deux a été vu en premier ! 

L'appariteur était aussi en charge de récupérer les animaux déclarés nuisibles par la commune.  Ainsi la destruction d'animaux occasionnant d'importants dégâts aux cultures était encouragée, moyennant une prime. Dans les années 50, on recevait par exemple une prime de 150 francs par litre de doryphores rapporté à l'appariteur, ou encore 1 franc par queue de hamster. Des petits malins avaient pris l'habitude de récupérer la queue de ces hamsters une fois que l'appariteur les avait jetées et de lui représenter celles-ci sans avoir à tuer d'autres hamsters. L'appariteur finit par découvrir la farce et, à partir de ce jour-là, brûla les queues de hamster une fois la prime versée !

Il avait aussi pour rôle de surveiller les vagabonds la nuit. Ceux-ci pouvaient demander le gite à la commune. Ils étaient alors installés dans une grange  derrière le château, qui faisait partie des dépendances de celui-ci (démolies en 1967), à l'angle de la rue de la Retraite et de la rue du Château.  L'appariteur les enfermait à clé. Le lendemain matin, après un bol de café au lait, il les laissait repartir. Ces vagabonds louaient leurs bras aux fermiers le temps d'une ou plusieurs journées puis ils reprenaient leur chemin. 

Madame Lehmann, la femme de l'appariteur, eut elle aussi une fonction : suite au départ à la retraite de Monsieur Schmitt qui s'occupait de la vente des billets de bus dans le restaurant Au Chariot d'Or, cette tâche revint à Madame Lehmann en 1965. L'arrêt de bus fut également déplacé près du corps de garde. 

En 1968, l'ancien dépôt d'incendie fut aménagé en salle de bains. Cela rajouta du confort à la famille Lehmann. 

Transformation en bibliothèque en 1995

Après le départ à la retraite de Monsieur Lehmann en 1980, le bâtiment servit de logement à un employé municipal pendant quelques années.

Le 27 novembre 1989, le Conseil Municipal décida de remplacer le logement par une bibliothèque et chargea Monsieur Marc Goetz, architecte, de mettre en forme le projet. Il fallut aussi envisager de démolir l'ancien dépôt d'incendie pour que le local devant recevoir la bibliothèque soit suffisamment grand.

La bibliothèque municipale y ouvrit finalement ses portes au public le 10 juin 1995.

Sources : Archives Départementales du Bas-Rhin, Archives communales de Plobsheim
                
Ludovic SENG - « Le Giessen » Association pour le Patrimoine de Plobsheim 2005 ©

 

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